Le tunnel des Oudayas est le premier tunnel urbain du Maroc : deux tubes à deux voies chacun, environ un kilomètre de longueur, et un trafic pouvant atteindre 30 000 véhicules par jour. Dans un tel ouvrage, l’éclairage n’est pas un confort, c’est un équipement de sécurité : il doit restituer au conducteur le même niveau de confiance que sur la voirie à ciel ouvert, à toute heure.
La longueur commande le principe
Les fondamentaux de l’éclairage d’un tunnel dépendent d’abord de sa longueur. Les tunnels courts, inférieurs à 25 mètres, ne demandent pas d’éclairage de jour. Les longueurs intermédiaires, entre 25 et 200 mètres, peuvent être traitées comme des tunnels longs ou de façon réduite. Au-delà de 200 mètres, un éclairage adapté devient obligatoire — c’est le cas ici.
Le trou noir, puis l’adaptation de l’œil
De jour, l’automobiliste qui approche voit l’entrée comme une surface totalement noire : c’est le phénomène de contraste lumineux, auquel répond un renforcement de l’éclairement en zone d’entrée. À l’intérieur, le niveau peut être nettement plus faible, avec des espacements plus grands entre luminaires, une fois l’œil adapté ; le tunnel doit alors rester suffisamment éclairé pour une traversée sûre.
La zone de sortie est moins critique, l’œil s’adaptant plus vite à une augmentation de luminance. Un éclairage complémentaire reste toutefois utile sur les ouvrages longs, notamment pour que le conducteur qui sort conserve une vision exploitable dans son rétroviseur. Cet éclairage de sortie n’est activé qu’en journée.
Durer sans intervenir
Au-delà des niveaux et des normes de confort, le critère décisif en tunnel est la robustesse : résistance mécanique, tenue dans le temps des performances photométriques, maintien de l’étanchéité. Chaque opération de maintenance se traduisant par une gêne pour le trafic, la meilleure installation est celle qui demande le moins d’interventions.