Le pont Moulay Hassan franchit le Bouregreg entre Rabat et Salé. Il appartient à un ensemble d’environ 1 200 mètres d’ouvrages d’art comprenant le pont Hassan II, le pont de la base nautique, le viaduc de Salé, la rampe d’accès du tramway et la culée creuse de Rabat.
Souligner, sans tout éclairer
La première impression nocturne est celle d’un dessin plutôt que d’une illumination : l’éclairage souligne les arêtes et laisse volontairement subsister de petites zones d’ombre. Ce sont ces manques qui rendent l’ouvrage lisible, car un objet uniformément éclairé perd son relief.
Les projecteurs encastrés au sol accentuent le rythme créé par les nervures de la passerelle et font apparaître les écailles du tablier. L’environnement lumineux obtenu est calme, bien dimensionné pour la promenade nocturne qui emprunte l’ouvrage.
Des matériels choisis pour l’eau
La structure présente plusieurs défis techniques, son éclairage aussi. Les appareils ont été retenus pour leurs qualités photométriques, mais également pour leur indice de protection IP67, nécessaire face à la pénétration de poussière et d’eau dans des boîtiers immergés.
Les piles d’intersection avec la voirie sont elles aussi traitées par des encastrés de sol. La contre-plongée convient particulièrement aux zones inaccessibles aux piétons : les appareils restent hors d’atteinte et ne créent pas de gêne visuelle lorsqu’on circule aux abords.
Un ouvrage dans un paysage habité
Situé entre les médinas et bordé de sites prestigieux comme la kasbah des Oudayas, le pont possède un fort potentiel paysager. La discrétion de ses sources, cachées dans le sol, est ce qui permet à ce paysage de rester le sujet principal.