Chaque hiver, Lyon se transforme à l’occasion de sa Fête des Lumières. Sur la place des Terreaux, l’édition commentée ici prend la fontaine monumentale comme point de départ et l’eau comme matériau principal du récit lumineux.
L’eau, la fumée, la lumière
La lumière semble descendre des pentes de la colline et rejoindre la source de la fontaine. Elle fait écho à l’eau, s’y mêle, jusqu’à ce que le spectateur ne distingue plus très bien ce qui ruisselle de ce qui est projeté. Autour du bassin règne un univers onirique et vaporeux, où des volutes de fumée et des éclats de lumière se dispersent sur la façade et sur le sol.
Le groupe sculpté de la fontaine, avec son attelage, trouve dans ce dispositif une forme de renaissance : les flots lumineux paraissent déborder du bassin et se répandre sur le parvis. De petites lumières flottantes, écho contemporain aux lumignons de la fête, naviguent au fil de l’eau autour du bouillonnement des chevaux.
La lumière comme ressource territoriale
Une création de festival n’est pas qu’un spectacle. La lumière constitue un facteur de développement territorial, économique et touristique dont le bénéfice reste difficile à chiffrer, d’autant que la part des travaux d’éclairage dépasse rarement quelques pourcents du montant global d’une opération de construction.
Ce que ces manifestations produisent de plus sûr, c’est une extension de l’offre touristique hivernale et une appropriation collective de l’espace public à une saison où il est d’ordinaire désert. La fréquentation de la place des Terreaux pendant la fête en est le témoin le plus direct.